découvrez comment la cigarette électronique peut affecter la santé bucco-dentaire, notamment son impact potentiel sur le déchaussement des dents et les risques associés.

Impact de la cigarette électronique sur le déchaussement dentaire : quels risques pour la santé bucco-dentaire

Le vapotage occupe désormais une place centrale dans les habitudes de consommation de nicotine, au point de transformer la manière dont la bouche et les gencives sont exposées aux substances irritantes. Derrière l’image plus « douce » de la cigarette électronique, se cachent des questions encore mal connues sur le déchaussement dentaire, les gencives et, plus largement, sur la santé bucco-dentaire. Entre sécheresse de la bouche, déséquilibre du microbiote oral, inflammation chronique et risque de caries, les indices s’accumulent. Les praticiens observent de plus en plus de cas où la vape semble jouer un rôle dans l’apparition ou l’aggravation des problèmes dentaires, notamment chez des adultes jeunes qui n’avaient jamais fumé auparavant.

Dans les fauteuils des dentistes, le même scénario se répète souvent : bouche sèche, plaque plus adhérente, gencives irritées, saignements au brossage, parfois mobilité dentaire précoce. La cigarette électronique n’apporte ni goudron ni combustion, mais elle diffuse en continu un mélange de nicotine, d’arômes et de solvants chauffés qui modifient l’équilibre fragile de la cavité buccale. Cette transformation silencieuse interroge : quels risques concrets pour le maintien de l’os autour des dents, pour la stabilité du parodonte et pour la prévention du déchaussement dentaire à long terme ? Cet article propose un tour d’horizon approfondi des mécanismes en jeu, des signaux d’alerte à surveiller et des stratégies d’hygiène buccale pour concilier, autant que possible, usage de la vape et préservation du sourire.

En bref : cigarette électronique et déchaussement dentaire

• La cigarette électronique génère une sécheresse de la bouche (xérostomie) qui réduit la salive, ce qui favorise la plaque dentaire, les caries et, à terme, le déchaussement dentaire 😬.
• La nicotine a un effet vasoconstricteur sur les gencives, réduisant la circulation sanguine, masquant parfois les saignements tout en augmentant le risque de inflammation et de maladies parodontales.
• Les arômes sucrés et les aérosols des e-liquides présentent des propriétés proches de certains bonbons et boissons acides, avec un impact sur l’émail et le microbiote buccal, ce qui pèse sur la santé bucco-dentaire.
• Un usage en « biberonnage » (vapoter presque en continu) aggrave tous ces phénomènes, comparé à un usage ponctuel, surtout chez les personnes déjà fragilisées par le tabagisme passé.
• Une hygiène buccale rigoureuse, des visites dentaires régulières et le choix réfléchi de matériel et de e-liquides (dosage de nicotine, type de base, arômes) permettent de réduire une partie des risques.
• Pour les vapoteurs soucieux de préserver leurs dents, cet article détaille les mécanismes scientifiques, les signaux d’alerte et des pistes concrètes pour adapter ses habitudes sans attendre que les symptômes apparaissent.

Cigarette électronique et déchaussement dentaire : mécanismes invisibles mais bien réels

Lorsque la cigarette électronique est apparue comme alternative au tabagisme traditionnel, l’attention s’est concentrée surtout sur les poumons et le cœur. Pourtant, la première zone exposée reste la bouche : chaque bouffée d’aérosol traverse les dents, les muqueuses et les gencives. Le déchaussement dentaire, qui correspond à la rétraction de la gencive et à la perte progressive de l’os autour de la dent, se nourrit justement de ces micro-agressions répétées.

Le mélange standard d’un e-liquide associe propylène glycol, glycérine végétale, arômes et parfois eau ou éthanol, avec ou sans nicotine. Chauffé dans l’atomiseur, ce cocktail se transforme en vapeur tiède à chaude. Cette chaleur, répétée des dizaines ou centaines de fois par jour chez un vapoteur intensif, contribue à assécher les tissus buccaux. La salive diminue, sa consistance change, et la bouche perd une partie de son système de défense naturel contre les bactéries pathogènes impliquées dans les maladies parodontales.

Les parodontites, responsables directes de nombreuses pertes dentaires chez l’adulte, évoluent souvent sans douleur marquée au départ. Rougeurs, saignements légers au brossage, sensibilité au froid ou au chaud, mauvaise haleine persistante : autant de signaux discrets que la vape peut accentuer. Le déchaussement se creuse alors lentement, laissant apparaître les collets des dents, augmentant la sensibilité, puis la mobilité dentaire.

Dans les cabinets dentaires, les praticiens décrivent de plus en plus de cas de vapoteurs chez lesquels la gencive semble plus fine, plus fragile, parfois accompagnée de poches parodontales précoces. Chez ces patients, la hygiène buccale n’est pas toujours en cause : le mode de consommation joue un rôle majeur. Un vapoteur qui « biberonne » son dispositif toute la journée maintient un niveau quasi permanent de vapeur chaude et de nicotine dans la bouche, ce qui favorise un état inflammatoire chronique.

L’aérosol issu des e-liquides aromatisés (fruits rouges, menthol, confiseries, boissons acidulées) présente des propriétés physico-chimiques proches de certaines friandises ou sodas : pH parfois plus acide, présence de composés qui collent légèrement aux surfaces dentaires, potentiel cariogène renforcé. Cette acidité fragilise l’émail, déjà mis à l’épreuve par les frottements mécaniques du brossage, et ouvre la voie à un déchaussement accéléré lorsque les gencives sont inflammées.

À ces facteurs s’ajoute la tendance au grignotage ou à la consommation plus fréquente de boissons sucrées chez certains vapoteurs, notamment quand la nicotine stimule l’envie de sucre. Le cercle vicieux est alors complet : salive réduite, plaque dentaire plus épaisse, gencives irritées, caries plus nombreuses, support osseux fragilisé. Le souriant vapoteur de 30 ans peut, dix ans plus tard, se retrouver avec des récessions gingivales visibles et une dentition moins stable qu’espéré.

Le point clé à retenir : la cigarette électronique ne « casse » pas les dents du jour au lendemain, mais elle peut, au fil des années, créer les conditions idéales à un déchaussement dentaire insidieux, surtout si les visites de contrôle sont espacées.

Sécheresse buccale, salive et premières étapes vers le déchaussement

La salive agit comme un véritable bouclier biologique contre les agressions acides et bactériennes. Elle neutralise les acides, transporte des minéraux qui reminéralisent l’émail et aide à éliminer mécaniquement les débris alimentaires. Lorsque la vape assèche la bouche, cette fonction tampon s’effondre partiellement. La plaque dentaire devient plus épaisse et s’incruste davantage au niveau du sillon gingival, là où se nouent les premières poches parodontales.

Les patients décrivent souvent une sensation de bouche pâteuse, de soif fréquente, voire de brûlures légères sur la langue. Ces symptômes, parfois banalisés, traduisent pourtant une xérostomie qui expose directement aux maladies des gencives. Une simple boisson d’eau ponctuelle ne suffit pas toujours à compenser l’assèchement induit par des heures de vapotage quotidien.

Cette sécheresse participe aussi à la prolifération de champignons comme Candida, responsables de mycoses buccales qui aggravent la fragilité des muqueuses. Gencives irritées, langue sensibilisée, joues douloureuses : la bouche devient un terrain inflammatoire où le parodonte se défend de plus en plus mal. Le impact sur la stabilité des dents se fera sentir au fil des années si aucune mesure de protection n’est mise en place.

Un fil rouge se dessine donc : moins de salive, plus de plaque, gencives plus vulnérables, puis perte de soutien osseux. C’est cette chaîne d’événements qu’il convient de casser au plus tôt chez les vapoteurs.

Nicotine, gencives et inflammation : pourquoi la vape n’est pas neutre pour le parodonte

Face au tabagisme classique, la cigarette électronique se veut souvent plus douce, plus modulable, avec des dosages de nicotine ajustables et la possibilité de passer progressivement à des e-liquides sans nicotine. Pourtant, même en l’absence de goudron, la nicotine reste une molécule vasoactive qui agit puissamment sur les vaisseaux sanguins des gencives. Cette action se traduit par une constriction des vaisseaux, donc une baisse du flux sanguin local, ce qui perturbe la réponse immunitaire et la cicatrisation.

En pratique, les gencives des vapoteurs peuvent paraître parfois moins rouges et moins saignantes qu’attendu au vu de l’inflammation réelle. La nicotine masque partiellement les symptômes de gingivite en réduisant le saignement, alors que la maladie parodontale progresse en silence sous la surface. Ce paradoxe peut donner au vapoteur un faux sentiment de sécurité : absence de sang ne signifie pas absence de problème.

L’inflammation chronique du parodonte, même discrète, entraîne à terme une destruction de l’os alvéolaire, support direct des dents. C’est le terrain le plus propice au déchaussement dentaire. Les études récentes montrent que le microbiote buccal des vapoteurs intensifs tend à se déséquilibrer, avec une présence accrue de bactéries associées aux parodontites. L’aérosol, en modifiant l’environnement chimique de la bouche, sélectionne des communautés bactériennes plus agressives pour le parodonte.

Chez un personnage comme Marc, 35 ans, ancien gros fumeur passé à la cigarette électronique à haut dosage de nicotine, ce tableau se révèle très concret. Après quelques années de vape en « biberonnage », les radios dentaires montrent une perte osseuse diffuse, malgré une impression de bonne santé gingivale au quotidien. Ce décalage entre ressenti et réalité clinique illustre le rôle trompeur de la nicotine sur les gencives.

Les arômes mentholés, très prisés, ajoutent parfois un effet de fraîcheur anesthésiant qui diminue davantage la perception des irritations locales. Cette combinaison nicotine + menthol peut donc repousser le moment où le vapoteur perçoit qu’il dépasse les limites de tolérance de ses tissus buccaux.

Une vigilance particulière s’impose aussi chez les personnes déjà touchées par des facteurs de risque parodontal : diabète, stress chronique, antécédents familiaux de parodontite, ou tabagisme passé important. Pour ces profils, la cigarette électronique doit être surveillée comme un facteur aggravant potentiel, même si elle reste globalement moins délétère que la cigarette classique pour d’autres organes.

Pour ceux qui envisagent une réduction progressive de la nicotine, s’intéresser à des dispositifs ou e-liquides adaptés peut constituer un levier intéressant. Des ressources spécialisées présentent par exemple les atouts d’une cigarette électronique sans nicotine dans une stratégie de sevrage en plusieurs étapes, ce qui peut aussi bénéficier aux gencives à moyen terme.

Microbiote buccal déséquilibré et maladies parodontales

Le microbiote buccal, cet écosystème complexe de bactéries protectrices, constitue la première ligne de défense contre les infections qui attaquent les tissus de soutien des dents. Sous l’effet répété des aérosols de la cigarette électronique, ce microbiote peut se transformer. Les espèces bénéfiques reculent, laissant place à des bactéries plus pathogènes, capables de coloniser les poches parodontales et de déclencher une inflammation de bas grade mais persistante.

Ce basculement du microbiote tient à plusieurs mécanismes : modification du pH, dépôt de résidus d’arômes sucrés, réduction de la salive, température locale plus élevée. Cette nouvelle « météo » buccale profite à des bactéries impliquées dans la gingivite, puis la parodontite. Une hygiène buccale irréprochable limite partiellement ce phénomène, mais ne l’annule pas totalement lorsque le vapotage est très fréquent.

Ce déséquilibre bactérien explique pourquoi certains vapoteurs, pourtant consciencieux dans le brossage, voient malgré tout leurs gencives reculer lentement. Les soins professionnels (détartrage, surfaçage radiculaire, traitements locaux) deviennent alors nécessaires pour stabiliser la situation et éviter une perte d’attache supplémentaire.

Face à cette réalité, le message clé à retenir est clair : la cigarette électronique ne se contente pas de « parfumer » la bouche, elle réécrit la carte du microbiote buccal, avec des conséquences concrètes sur le risque de déchaussement dentaire.

Impact des arômes, de la vapeur et du mode de vapotage sur la santé bucco-dentaire

Au-delà de la nicotine, la composition des e-liquides et le style de vapotage influencent directement la santé bucco-dentaire. De nombreux utilisateurs privilégient les saveurs très sucrées : pâtisseries, bonbons, sodas, fruits exotiques. Même si ces e-liquides ne contiennent pas de sucre au sens strict, leurs propriétés physiques et chimiques se rapprochent de certains confiseries ou boissons acides lorsqu’ils se déposent sur les dents et les muqueuses.

Les études comparant les aérosols de ces e-liquides à des bonbons montrent des similitudes : adhérence à l’émail, modification de la couche pelliculaire qui recouvre les dents, baisse locale du pH. Ce trio fragilise la structure minérale des dents et rend la plaque plus tenace. Avec le temps, l’émail se déminéralise, se raye plus facilement et s’accroche davantage aux colorants alimentaires présents dans le café, le thé ou certaines épices. Les dents jaunissent, la sensibilité augmente, et les collets exposés par le début de déchaussement dentaire deviennent douloureux.

Le mode de consommation joue un rôle tout aussi décisif. Vapoter uniquement à quelques moments clés de la journée (après les repas, par exemple) n’a pas le même impact que garder sa cigarette électronique en main en permanence et tirer dessus toutes les cinq minutes. Ce « biberonnage » maintient un film quasi constant d’aérosol sur les surfaces dentaires, sans permettre à la salive de restaurer l’équilibre.

Certains dispositifs puissants, avec de gros nuages de vapeur, accentuent encore ce phénomène par la quantité de glycérine et de propylène glycol inhalée. Les résistances basse impédance, les box à fort wattage ou les atomiseurs très ouverts produisent un volume de vapeur impressionnant, recherché pour le plaisir, mais potentiellement plus agressif pour la cavité buccale.

Comprendre les caractéristiques techniques de son matériel aide à adapter son usage. Des guides détaillent par exemple comment choisir un atomiseur de cigarette électronique mieux adapté à une vape plus douce, moins chaude, avec un débit plus modéré. Ces ajustements techniques, apparemment anodins, peuvent réduire la sécheresse, limiter les irritations et soulager les gencives sensibles.

La fréquence de remplacement des résistances et l’entretien du matériel pèsent aussi lourd dans la balance. Un atomiseur encrassé, une résistance utilisée trop longtemps ou une batterie mal réglée peuvent produire une vapeur plus chaude, plus irritante, chargée de résidus de chauffe. Là encore, la bouche encaisse en première ligne, avec rougeurs, petites ulcérations et accentuation de la inflammation gingivale.

Le comportement de Marc illustre bien cette dynamique : usage en continu, arômes gourmands, résistance poussée à haute puissance, changement de matériel tardif. Le dentiste observe chez lui non seulement une plaque tenace, mais aussi des gencives luisantes, légèrement rétractées, signe d’un parodonte sous pression.

Tableau comparatif : effets bucco-dentaires, tabac vs cigarette électronique

Pour mieux situer la cigarette électronique entre absence de risque et danger majeur, le tableau suivant propose une comparaison synthétique avec la cigarette classique, en se focalisant sur le parodonte et le déchaussement dentaire :

Aspect 😷Tabac fumé (cigarette)Cigarette électronique
Goudron et combustionPrésence massive de goudron, fumée chaude très toxique pour les tissus buccaux.Pas de combustion ni de goudron, vapeur généralement moins agressive 😊.
Nicotine et gencivesVasoconstriction importante, saignements masqués, risque élevé de parodontite.Vasoconstriction présente (selon dosage), risque de maladie parodontale modéré mais réel.
Sécheresse buccaleFréquente, aggravée par la chaleur et les additifs du tabac.Xérostomie fréquente liée au propylène glycol et à la vapeur chaude 😬.
Coloration des dentsJaunissement marqué, dépôts de goudron tenaces.Coloration plus discrète, mais émails plus sensibles aux colorants alimentaires.
Risque de déchaussement dentaireTrès élevé, souvent associé à des parodontites sévères.Moindre que le tabac fumé, mais augmenté par usage intensif et mauvaise hygiène.

Ce tableau montre que la cigarette électronique se situe dans une zone intermédiaire : moins destructrice que la cigarette traditionnelle, mais loin d’être neutre, surtout lorsque l’on considère la bouche et les gencives.

Hygiène buccale, suivi dentaire et adaptations pour limiter les risques

Pour un vapoteur qui souhaite préserver ses dents sans renoncer immédiatement à la cigarette électronique, le levier le plus efficace reste une hygiène buccale renforcée, combinée à un suivi dentaire régulier. L’objectif n’est pas de culpabiliser, mais de mettre en place des rituels quotidiens qui compensent, autant que possible, les effets de la vapeur sur la salive, le microbiote et le parodonte.

Un brossage soigneux deux fois par jour, avec une brosse souple et un dentifrice adapté aux gencives sensibles, constitue le socle. Le passage quotidien du fil dentaire ou des brossettes interdentaires réduit de façon notable la charge bactérienne autour des collets, zone clé pour la prévention du déchaussement dentaire. Les bains de bouche antiseptiques à usage limité peuvent apporter un renfort ponctuel, sous contrôle du dentiste.

L’hydratation joue un rôle souvent sous-estimé. Boire de l’eau régulièrement au cours de la journée aide à compenser la sécheresse buccale induite par la vape. Certains praticiens recommandent aussi des gommes sans sucre ou des pastilles stimulantes de salivation pour les personnes qui vapotent beaucoup et ressentent une xérostomie persistante.

Les visites de contrôle doivent être rapprochées en cas de vapotage intensif. Un détartrage annuel, voire semestriel, permet de retirer la plaque et le tartre qui s’accumulent près des gencives, de mesurer l’évolution des poches parodontales et de détecter précocement toute tendance au déchaussement dentaire. Les radiographies ciblées révèlent des pertes osseuses que l’œil nu ne peut pas voir.

Adapter son matériel et sa manière de vapoter peut également limiter la casse. Choisir un dispositif moins puissant, réduire la température de chauffe, espacer les bouffées, éviter le « biberonnage » en continu : autant de gestes qui, cumulés, diminuent la sécheresse et l’inflammation locale. Des conseils techniques spécialisés existent aussi pour optimiser l’entretien, par exemple pour nettoyer correctement sa cigarette électronique et éviter les résidus irritants.

Les personnes très attachées à leurs arômes sucrés peuvent envisager de réserver ces e-liquides gourmands à quelques moments de la journée, tout en privilégiant des saveurs plus neutres le reste du temps. Cette alternance réduit la durée totale d’exposition à un environnement buccal plus acide et plus collant.

Quand le sevrage progresse : rôle des réductions de nicotine et des choix de liquides

Pour ceux qui utilisent la cigarette électronique comme outil de sortie du tabagisme, chaque baisse de dosage en nicotine représente aussi un bénéfice potentiel pour les gencives. Moins de vasoconstriction, meilleure vascularisation locale, cicatrisation améliorée : le parodonte retrouve progressivement des capacités de défense plus proches de celles d’un non-fumeur.

Le choix de la base (proportion propylène glycol / glycérine végétale) et des additifs peut également influencer la tolérance buccale. Certains utilisateurs très sensibles à la sécheresse buccale chercheront des formulations moins agressives, voire se renseigneront sur des alternatives comme les liquides au CBD, dont les effets dans la cigarette électronique sont parfois explorés pour le confort, tout en restant vigilants aux données scientifiques disponibles.

Peu importe la stratégie précise, le fil conducteur reste le même : surveiller les signaux envoyés par la bouche (saignements, mauvaise haleine, sensibilité accrue), garder un dialogue ouvert avec le dentiste et ajuster le comportement de vapotage au fil du temps. Le déchaussement dentaire ne se rattrape que partiellement ; l’objectif réaliste consiste donc à ralentir sa progression au maximum.

La phrase clé à garder à l’esprit : chaque amélioration, même modeste, du comportement de vape et de l’hygiène buccale peut se traduire par des années de stabilité supplémentaires pour les dents et les gencives.

Signaux d’alerte, situations à risque et questions fréquentes des vapoteurs

Les vapoteurs qui consultent pour la première fois un dentiste après plusieurs années de cigarette électronique posent souvent les mêmes questions : « Est-ce que je risque de perdre mes dents ? », « Mes gencives peuvent-elles encore se réparer ? », « Dois-je arrêter de vapoter complètement pour sauver ma bouche ? ». Ces interrogations reflètent une angoisse légitime, d’autant plus forte quand le sourire fait partie intégrante de la vie sociale ou professionnelle.

Les premiers signaux d’alerte à prendre au sérieux sont relativement simples à repérer : saignement au brossage ou au passage du fil, mauvaise haleine persistante malgré un brossage correct, gencives qui piquent ou brûlent après une session de vape, dents qui paraissent plus longues dans le miroir, hypersensibilité au froid ou au chaud. Chacun de ces symptômes ne signe pas nécessairement un déchaussement dentaire avancé, mais tous justifient une évaluation par un professionnel.

Certaines situations cumulent les facteurs défavorables : vapotage après des années de tabagisme lourd, diabète mal équilibré, stress intense, bruxisme (serrement des dents), alimentation riche en sucres rapides. Dans ces cas, le parodonte se trouve sous pression permanente, et la cigarette électronique devient un élément supplémentaire à prendre en compte dans le plan de traitement global.

Le discours du dentiste ne se limite plus à « arrêtez tout ». La réalité clinique conduit plutôt à un accompagnement : identifier ce qui, dans le comportement de vape, a le plus d’impact sur la bouche (fréquence, puissance, type d’arômes), proposer des aménagements progressifs, articuler le tout avec un renforcement de l’hygiène buccale. Cette approche est souvent plus réaliste pour un vapoteur attaché à sa cigarette électronique, mais soucieux de protéger ses gencives.

Les progrès technologiques des dispositifs de vape, avec des réglages plus fins, des résistances plus stables et des batteries mieux contrôlées, ouvrent aussi des perspectives pour réduire une partie des irritations. Apprendre à paramétrer sa box, à utiliser le bon rapport ohm/watt, à remplacer la résistance avant qu’elle ne brûle, fait désormais partie d’une hygiène globale de la vape, complémentaire de l’hygiène dentaire.

Pour beaucoup de vapoteurs, la prise de conscience se produit lorsqu’un dentiste leur montre sur un cliché radiographique l’amorce d’une perte osseuse autour des molaires ou incisives. Ce moment peut devenir un déclic positif : le lien entre vape et santé bucco-dentaire n’apparaît plus abstrait, il se lit noir sur blanc. À partir de là, chaque décision – diminuer la nicotine, limiter les arômes sucrés, boire plus d’eau, espacer les sessions – prend une valeur nouvelle.

La cigarette électronique provoque-t-elle directement le déchaussement dentaire ?

La cigarette électronique ne provoque pas un déchaussement dentaire instantané, mais elle crée des conditions qui favorisent son apparition : sécheresse buccale, déséquilibre du microbiote, irritation des gencives et effet vasoconstricteur de la nicotine. Combinés à une hygiène buccale insuffisante ou à des antécédents de tabagisme, ces facteurs augmentent nettement le risque de maladies parodontales et de recul progressif des gencives.

Vapoter sans nicotine protège-t-il les gencives ?

L’absence de nicotine supprime l’effet de vasoconstriction sur les gencives, ce qui est positif pour la circulation sanguine et la cicatrisation. Cependant, la vapeur reste composée de solvants et d’arômes qui peuvent assécher la bouche et irriter les muqueuses. Vapoter sans nicotine réduit une partie des risques pour la santé bucco-dentaire, mais ne rend pas la vape totalement neutre pour les dents et le parodonte.

Comment limiter les effets de la vape sur ma santé bucco-dentaire ?

Pour réduire l’impact de la cigarette électronique, il convient de renforcer l’hygiène buccale (brossage biquotidien, fil dentaire, visites régulières), d’hydrater abondamment, d’éviter le vapotage en continu et de privilégier des réglages plus doux (puissance modérée, vapeur moins chaude). Réduire progressivement la nicotine et la fréquence d’usage contribue aussi à diminuer l’inflammation gingivale et le risque de déchaussement dentaire.

Les arômes sucrés sont-ils plus dangereux pour les dents ?

Les arômes gourmands et fruités n’apportent pas forcément de sucre au sens classique, mais leurs aérosols présentent des caractéristiques proches de certaines friandises ou boissons acides : adhérence à l’émail, baisse du pH, fragilisation de la surface dentaire. Utilisés très souvent, ils favorisent l’accumulation de plaque, l’apparition de caries et la sensibilité au niveau des collets, surtout si les gencives commencent à se rétracter.

Un ancien fumeur passé à la vape garde-t-il un risque parodontal élevé ?

Un ex-fumeur qui utilise maintenant la cigarette électronique garde une mémoire parodontale de son tabagisme passé : gencives plus fragiles, éventuelles pertes osseuses déjà présentes. La vape reste généralement moins nocive que la cigarette classique, mais peut entretenir une inflammation de bas grade. D’où l’intérêt d’un suivi rapproché chez le dentiste et d’ajustements progressifs de la vape pour protéger au mieux la santé bucco-dentaire.

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